L’avènement des trois petits singes de la sexualité

Que sont-ils en train de faire ?

Quel monde veulent-ils pétrir dans l’argile de la liberté de penser et de parler que nous nous octroyons, toutes et tous ?

Ainsi entend-on ici que le regard d’un homme sur une femme dans un ascenseur peut parfois être considéré comme une agression sexuelle, qu’une parole de séduction peut être déplacée si celle à qui elle est destinée ne veut la recevoir comme telle. Et là, une autre nous affirme qu’un sous-vêtement féminin ne doit plus être que du confort, sans autre fonction que de couvrir les parties intimes du corps. Fi du plaisir de plaire ou du désir qu’il peut apporter. Fonctionnel et rien de plus.

Dans quel monde va-t-on vivre lorsque les hommes déambuleront en pantalons amples et sans coupe couvrant de hideux slips kangourou plus ou moins immaculés, quand les femmes vaqueront dans les culottes informes de leurs arrière-grands-mères recouvertes pantalons aussi informes que ceux des hommes, comme autant d’étendards clamant l’égalité des sexes ? Un monde en négatif, où l’Homme n’aura plus rien d’humain, où la sexualité sera bannie faute d’avoir le droit de tenter la séduction.

Car c’est bien là tout le problème. Comment séduire un partenaire lorsqu’il faut faire abstraction de tous les artifices de la drague, de tout effleurement suggestif, de toute parole évocatrice de tout regard de désir ? Terminé mesdames, le frisson généré par une main fébrile qui se pose timidement sur votre genou. Fini messieurs, la sueur froide au moment de vous incliner vers le visage désiré pour accueillir un baiser craintif.

Il faudra alors sans doute en passer par des mariages arrangés par les familles, suivis du voile ou des cheveux coupés en brosse pour les femmes afin d’éviter la convoitise et des barbes réglementaires pour les hommes comme marqueur une unicité dans une masculinité à peine tolérée. A moins qu’il ne faille oublier simplement notre bestialité d’êtres sexués et transformer les humains en robots de chair et de sang dont la procréation se fera en laboratoire… Amours platoniques en société et épistolaires via les réseaux sociaux, et adieu la simplicité animale du désir sexuel qui a toujours été le moteur de toute vie, tant végétale qu’animale.

Il est surprenant de voir arriver cette orientation extrême dans notre société sans repères, qui s’appuie sur des exemples de dérives délictueuses chez certains piètres personnages pour ériger (si l’on peut encore employer ce verbe) en loi universelle un véritable dogme de la négation sexuelle. Une démarche qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler celle des complotistes.

Tout aussi surprenant est-il de s’apercevoir que si souvent, ce sont les mêmes qui dénient à l’homme le droit de suivre sa nature immémoriale d’omnivore, et aux espèces leurs différences. Déjà que certains tentent de nourrir leurs chats de fruits et légumes, vont-ils aussi interdire aux chiens, aux lapins, aux bonobos, aux colibris, aux hommes et aux dauphins de baiser ? Mais oui, baiser ! Il s’agit bien de ça. C’est l’alpha et l’oméga de la vie sur notre planète. Qu’ils le veuillent ou non.

Aussi, à moins de tous se dégoter un Archange pour suivre un certain exemple biblique, si les égalitaristes des sexes et des espèces poursuivent le grignotage de nos cerveaux de plus en plus « panurgiens » avec autant de succès qu’ils en ont eu jusqu’à ce jour, la société occidentale démembrée sombrera bientôt dans un néo-obscurantisme désemparé, qui sera sans aucun doute accompagné de belles excitations sous les djellabas salafistes, les soutanes de l’Opus Dei et les manteaux en loden de La Manif pour tous !