Loup y es-tu ?

Qui est étonné ? Le loup serait donc entré au pays du Mont-Blanc. Diantre !

Ça fait pourtant un bon moment déjà que  les “lanceurs d’alertes” (selon le nouveau terme consacré) se sont manifestés sur le sujet. Mais chaque fois, on leur servait la même histoire. “Allons, allons, mon bon monsieur, c’est un renard que vous avez vu. Certainement pas un loup !” Et la marmotte qui plie les tablettes de chocolat alors, c’est vrai aussi ? Confondre un renard et un loup… Il paraît que c’est possible, de loin. Un peu comme confondre un chat persan avec un berger allemand, quoi. Mais de loin, hein ! Parce que de près, on sait tous que le berger allemand, c’est celui qui ne boit pas de lait.

 Remarquez, ce n’est guère possible d’observer de près, puisque canis lupus lupus fuit l’homme comme la peste. Une habitude atavique chez le prédateur honni. Dès qu’il flaire l’homme, le grand méchant se planque. Il faut dire que les rencontres de ses ancêtres avec le super-prédateur à deux pattes se sont plutôt mal passées. Visiblement, le second ne respecte pas les règles établies du monde animal “à canines” qui veut que, hors menace de territoire ou de progénitures, deux prédateurs ne s’attaquent pas.

 Donc, le loup est bien revenu à la maison, dans la mesure où “Combloux” est la version aseptisée de “combe aux loups”. Aïe, pourvu que les susceptibilités ne se réveillent pas. Il n’y aurait pas un droit territorial dans cette affaire ? Si c’est le cas, les juristes ont du travail sur la planche. Le loup va-t-il quitter ce qui fut son territoire à coup de plombs dans les fesses ou bien est-ce l’homme qui devra aller faire paître ailleurs ? Ou peut-être que dans leur sagesse, les deux prédateurs ne décideront de se côtoyer aimablement, sans pour autant se croiser…

 Oui mais, et les brebis dans tout ça ? Elles qui sont les aliments des uns et des autres depuis toujours. C’est clair, elles ont un prédateur de plus sur le dos et risquent pour certaines, de finir leur existence plus tôt qu’à l’heure létale de l’abattoir.

 À moins bien sûr que le bipède ne sorte les crocs et les flingues, et réexplique clairement au loup les règles ancestrales : “Tu viens sur mon territoire, tu meurs”. Ce qui a toujours existé dans la nature sauvage et que les loups appliquent à la lettre, et ce bien avant que les brebis ne soient plus gardées dans les alpages…